Tag Archives: Antonin Dvorák

Un génie

L’industrie phonographique vous réserve parfois de ces surprises ! Déballant un colis de disques, j’y trouve un coffret de dix CD consacrés à l’art de Váša Příhoda. Si vous ne connaissez pas ce violoniste tchèque, attendez-vous à une sacrée révélation. Les amateurs de violon le tiennent pour un des plus grands virtuoses du XXe siècle, dont l’intonation parfaite, la plénitude sonore, la pure beauté instrumentale du jeu le placent à égalité avec Jascha Heifetz, Julian Sitkovetsky, Josef Hassid et Michael Rabin, rien moins. Continue reading Un génie

Sa Patrie

L’écrire est terrible, mais condamné par son cancer, Jiří Bělohlávek aura transcendé son art : ses récents Dvořák, Symphonies, Concertos, Danses slaves (parmi les plus belles depuis Kubelík), Stabat Mater le disaient assez : revenu chez lui à Prague, enfin choisi en 2012 par les musiciens de la Philharmonie tchèque, il atteignait au but de sa vie : inscrire son art dans la filiation de ceux de Václav Talich et de Karel Ančerl, rien moins. On ne pouvait le lui contester depuis dix ans, et ce n’est pas un hasard si, au terme, paraît cette version granitique de Má Vlast patiemment enregistrée Salle Smetana du 12 au 14 mai 2014.

Granitique et narrative, un conte sombre dont les épisodes épiques se rassérènent dans des paysages aux détails ouvragés dès la harpe d’aède qui ouvre Vysehrad, où des personnages paraissent saisis dans toute la violence de leur mouvement – Sarka ! –, tout un théâtre d’images où paraît le récit national.

Mais derrière ces contes formidables emplis de bruits et de fureur, une amertume glaciale s’incarne dans l’identité sonore même de la Philharmonie Tchèque, quelque chose d’irrémédiable, de funèbre qui pleure éperdument dans la clarinette de Sarka. Magnifique désespoir d’un lyrisme terrible, tenu de si près par Jiří Bělohlávek, si surveillé, si intensément sculpté qu’en refermant l’album un souvenir me saisit : cette tension, ce geste épique, ces sonorités quasi mahlériennes, où les avais-je déjà entendues incarnées ainsi dans le chef-d’œuvre de Smetana ?

Chez Václav Smetáček, qui fut toujours l’auteur de ma version favorite. Bělohlávek le rejoint, autre héros de ce panthéon.

LE DISQUE DU JOUR

Bedřich Smetana (1824-1884)
Má Vlast (Ma patrie)

Orchestre Philharmonique Tchèque
Jiří Bělohlávek, direction

Un album du label Decca 4833187
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Photo à la une : © DR

Bohème d’Amérique et d’ailleurs

Le Quintette « Américain » (Op. 97, en mi bémol majeur) a bien de la chance au disque, hier les Škampa avec Krzysztof Chorzelski en chantaient les thèmes avec une sorte d’entrain populaire, alors que les Pavel Haas et Pavel Nikl Continue reading Bohème d’Amérique et d’ailleurs

Noces de sang

Dvořák écrivit sa cantate fantastique pour Birmingham, sombre poème d’Erben où une jeune fille espérant le retour de son amant est abusée par un spectre qui au long d’une balade nocturne lui ravit tous ses atours jusqu’à sa chemise de noces Continue reading Noces de sang