Le piano de Rio

Oscar Lorenzo Fernández, disparu dans sa cinquantième année, reste méconnu : toute son œuvre a disparu derrière la fameuse Batuque qu’il tira de son unique opéra Malazarte, injustice qui laisse dans la poussière des bibliothèques deux symphonies, des poèmes symphoniques, des concertos, beaucoup de musique de chambre.

Le cœur de son inspiration le voue aux musiques intimes, les mélodies, magnifiques, se partageant cette part de son catalogue avec plus de quatre-vingts pièces pour le piano dont Martin Jones propose une jolie sélection.

Déchiffreur impénitent, il s’est lancé dans une anthologie du piano brésilien, consacrant à chaque compositeur un album monographique. Je lui en sais gré même si, ici, il bute parfois sur le texte (la magnifique Valse Suburbana le piège), mais jamais sur l’esprit.

Saudade, couleurs, mélodies élégiaques, rythmes complexes, les trois Suites brésiliennes composées au milieu des années 1930 sont des merveilles qui n’auraient jamais dû quitter le répertoire, les opus des années 20 – magnifiques Prelúdios do crepúsculo – invitent à foison les échelles dorées de Fauré ou les gamelans de Debussy (Prelúdio Fantástico), rappelant la place singulière que son œuvre, pétrie d’influences françaises, occupa face à celle, autrement démonstrative, de « l’Indien blanc ».

LE DISQUE DU JOUR

Oscar Lorenzo Fernández (1897-1948)
2 Miniatures, Op. 1
Noturno, Op. 3
Arabesca, Op. 5
Prelúdios do crepúsculo,
Op. 15

Três Estudos em forma de Sonatina
Valsa Suburbana, Op. 70
Suite brasileira sobre têmas originals No. 1
Suite brasileira sobre têmas originals No. 2
Suite brasileira sobre têmas originals No. 3
Rêverie, Op. 20
Prelúdio Fantástico
Miragem

Martin Jones, piano

Un album du label Nimbus Records NI8115
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Photo à la une : Joaquina Amália Lorenzo (mère du compositeur) et Oscar Lorenzo Fernández. Au premier rang, assis : Mario Lorenzo Fernández et Rubem Lorenzo Fernández (ses frères), Amália Lorenzo Fernández (sa sœur) et Cassiano Fernandez (son père) – Photo : © DR