Nouveau Ravel

Le verso du disque promet : Vincent Larderet, dont la relecture radicale des Concertos avait fait couler beaucoup d’encre (voir ici) s’est engagé dans la première intégrale vraiment complète de l’œuvre pour piano seul de Maurice Ravel, annonçant quatre volumes, ce qui suppose bon nombre d’inédits.

Il aura eu à cœur de travailler son Ravel sur les partitions de Vlado Perlemuter. La légende dit que des annotations du compositeur y figurent. Carlo Cebro, qui avait étudié son Ravel avec Perlemuter aura veillé au travail du pianiste sur ce matériel.

Pour Miroirs, dès Noctuelles, dont le « cravachage » se fait entendre si net jusque dans la brisure du texte, cela tire immédiatement l’oreille. La pointe d’hypnose d’Oiseaux tristes reste plus classique, mais réalisée avec une maîtrise des plans sonores que l’on retrouvait dans les Nimbus de Perlemuter, malgré la prise de son façon piscine.

Barque subtile, Alborada sans presser, Vallée des cloches sans traîner, assez gamelan relus ainsi, les cinq pièces de Miroirs forcent l’écoute, le ton très Fauré, débarrassé de Liszt de Jeux d’eau itou, les Valses, sombres à mesure, ont un côté Gaspard étrange, et tiennent l’écoute en haleine, seule la Sonatine, très mesurée, me perd un rien par son excès de pudeur, son tempo en dessous de ce qui s’y pratique depuis Gieseking, mais l’interprète est fidèle en cela aux volontés du compositeur, le Menuet un peu trop marqué, le chasse neige du Final avec pas assez d’orchestre, déception relative qui prélude à une impeccable Pavane. Je suis curieux de la suite.

LE DISQUE DU JOUR

Maurice Ravel (1875-1937)
L’Œuvre intégrale pour piano, Vol. 1

Miroirs, M. 43
Jeux d’eau, M. 30
Valses nobles et sentimentales, M. 61
Sonatine, M. 40
Pavane pour une Infante défunte, M. 19

Vincent Larderet, piano

Un album du label Avie Records AV2623
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Photo à la une : le pianiste Vincent Larderet – Photo : © DR