Tag Archives: 1954

Lumière et ténèbres

19421954, les Symphonies de Martinů auront connu deux guerres – la conquête nazie et la guerre froide – elles furent toutes des œuvres d’exil paradoxalement heureuses d’abord Continue reading Lumière et ténèbres

La voix du rêve

Sena Jurinac fut d’abord de fabuleux personnages d’opéra, de Chérubin à Desdemona en passant par Fordiligi ou La Maréchale même si elle restera toujours pour moi Cherubino. Si vivante en scène, avec ce chant où les mots sont toujours à fleur de lèvres, même lorsqu’elle s’adonnait au récital de lieder.

Le disque n’a guère documenté cette part de son art ; en son glorieux automne, BASF lui offrira tout un récital Brahms dont l’élan restait magnifique, Fritz Busch lui fera enregistrer très tôt les Vier letzte Lieder, version où même le soleil a des ombres, inoubliable, mais la perle absolue est ce doublé Schumann pour les micros de Westminster en juin 1954.

Le piano modeste de Franz Holetschek s’accorde au fond parfaitement à l’humilité de ce Frauenliebe und -leben qui n’est qu’une prière fervente, moins peut-être au ton visionnaire, au théâtre qu’elle convoque dans le Liederkreis Op. 39, cette Lorelei, ce Clair de lune ne s’oublient plus une fois entendus, perfection du mot dans la note, transparence de l’émotion, et cette voix du bon Dieu, si longue dans son ambre.

Retrouver tout cela, réédité avec art d’après un très bon microsillon – le tirage du disque Westminster qui ajoutait les magies du Tramonto respighien ne s’est que très fugitivement trouvé et sonnait un rien sec (bien que disponible maintenant au téléchargement) – est une aubaine. Si vous ne connaissez pas ce diamant, courrez-y !

LE DISQUE DU JOUR

Robert Schumann (1810-1856)
Frauenliebe und -leben, Op. 42
Liederkreis, Op. 39

Sena Jurinac, soprano
Franz Holetschek, piano

Un album du label Hännssler/Profil PH17042
Acheter l’album sur le site www.uvmdistribution.com, ou sur Amazon.fr

Photo à la une : © DR

Le Soleil d’Esterházy

Fondant en 1954 un orchestre de chambre à Zagreb, où il s’était fixé à la veille de la Seconde Guerre Mondiale, Antonio Janigro inaugurait de son violoncelle une tradition que Marc Coppey reprend aujourd’hui pour ainsi dire à la lettre.

L’ensemble est resté modeste Continue reading Le Soleil d’Esterházy