Tag Archives: Jean-Philippe Rameau

Rameries IV : Cabinet de curiosités

Cathy Krier n’a pas froid aux yeux. Contrairement à ses collègues pianistes qui marient Rameau à Debussy, elle confronte dans un album-manifeste assez clouant la Suite en sol, La Dauphine et quatre Pièces de Clavecin en Concerts à la Musica Ricercata de Ligeti. Continue reading Rameries IV : Cabinet de curiosités

J. S. Bach et les premières années de la série Archiv

Au cours du XXe siècle, l’interprétation de la musique de Johann Sebastian Bach, comme celle de ses contemporains et prédécesseurs les plus illustres (Georg Friedrich Haendel, Jean-Philippe Rameau, Claudio Monteverdi, Heinrich Schütz, etc…), connut Continue reading J. S. Bach et les premières années de la série Archiv

Rameries III : Pincées

Et si en fin de compte la grande invention de Rameau, ce théoricien, ce scientifique des notes, était la liberté ?

Mahan Esfahani répond oui. On espérait depuis Scott Ross un ton aussi libre et subtil, jusque dans un lexique ornemental qui saisit et prolonge les épices harmoniques dont regorge le magnifique Rückers de 1636 aux registres si savoureux. Tout y est, Continue reading Rameries III : Pincées

Rameries II : Rameau piano

C’est mal, mais je ne résiste pas. J’ai signé le texte de la réédition Rameau des Marcelle Meyer chez Erato, mais me taire ici sur ce que je considère comme l’un de mes disques de chevet m’est impossible – foin du devoir de réserve.

Tout cela a commencé très tôt et en 78 tours. Ma grand-mère Rose Continue reading Rameries II : Rameau piano

Jardin enchanté

« Le jardin de Monsieur Rameau ».

Sous ce titre avantageux, William Christie et sa jeune troupe du Jardin des voix nous convient à un voyage dans les sept premières décennies du XVIIIe siècle, de Campra à Gluck. Éventail merveilleux où la danse le dispute à la plainte, le tragique à la parodie. Ainsi l’irrésistible Cantate Rien du tout de Racot de Grandval qui n’est pas sans rappeler le grand numéro de la Folie de Platée et dont Émilie Renard rend tout le sel.

Ce qui étonne au-delà des voix qu’on découvre, c’est derrière elles le rayonnement, la plénitude chaleureuse des Arts Florissants, l’élégance et l’esprit réunis dans un style impeccable, et dont le propos dépasse le simple principe d’une collection. Le programme fut composé pour un concert-spectacle, et on a le sentiment d’assister à un opéra en soi, constitué de styles proches mais savamment différenciés.

Les merveilles y abondent : le sombre air de sommeil du Zerbin de la magnifique Vénitienne révèle une musique assez inouïe. L’air d’Iole tiré d’Hercule mourant de Dauvergne inspire une ligne parfaite, dans la profondeur du timbre, à Daniela Skorka, qui sera pour beaucoup une belle découverte.

On continue la promenade toujours dans le plaisir puis soudain on parvient au grand œuvre : Dardanus présent en quatre numéros. Si Zachary Wilder peine dans « Hâtons-nous, connaissons la gloire », Victor Sicard met au « Monstre affreux » d’Anténor une noirceur désolée qui fait son effet.

L’objet est en lui-même magnifique, livret abondamment illustré, jolie nouvelle-rêve signée par Adrien Goetz – chaque volume de cette collection s’orne d’un texte écrit à l’occasion – boitier évocateur. Idéal complément aux nombreuses parutions de l’année Rameau.

LE DISQUE DU JOUR

Layout 1Le Jardin de Monsieur Rameau

Œuvres de André
Campra, Antoine
Dauvergne, Christoph Willibald Gluck, Michel Pignolet de Montéclair, Jean-Philippe Rameau

Les Arts Florissants
William Christie,
direction

Un album du label harmonia mundi
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Photo à la une : (c) Bertrand Pichene (Ambronay)