Tag Archives: Decca

Machine à remonter le temps

Fait assez rare pour être souligné : Decca, l’éditeur de Nelson Freire aujourd’hui, publie un double album de concertos issu de sources radiophoniques diverses. Ce Radio Days en bluffera plus d’un, il nous rend Freire dans la vingtaine et le début de sa trentaine, et là où il fut vraiment toujours chez lui : au concert.

Ambitus 1968-1979, territoire Allemagne Continue reading Machine à remonter le temps

Incendie au Walhalla

2 Octobre 1961, Georg Solti lève sa baguette sur sa première Walkyrie londonienne. Quelle soirée ! En 1958, Solti avait posé à Vienne la première pierre de sa Tétralogie Sonic Stage, un Or du Rhin qui fit couler beaucoup d’encre et enthousiasma la critique britannique. John Culshaw, le producteur de Decca, y avait invité Continue reading Incendie au Walhalla

Liszt & Magnard : les oubliés d’Ansermet

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Les 5, 7, 9 & 10 septembre 1967, Ernest Ansermet enregistra le chef d’œuvre orchestral de Franz Liszt, Une Faust-Symphonie, qu’il dirigea également durant son dernier concert en tant que directeur musical à la tête de L’Orchestre de la Suisse Romande, le 5 avril. A la fin de son existence, le chef suisse professait une véritable passion pour la musique du compositeur hongrois, dont il louait les audaces harmoniques autant qu’orchestrales. D’un dramatisme alerte et flamboyant, d’une richesse coloriste étonnante (pour seul exemple, le pupitre de cors, fabuleux dans Faust, la première partie), d’une maîtrise architecturale parfaite, la conception d’Ansermet demeure l’une des plus passionnantes par son art fait de concentration et de violence brutes, et surtout par la diversité de ses climats. Gretchen introduit le caractère vraiment intrinsèque à la musique, s’y mêlent tendresse amoureuse et lyrisme teinté d’ironie. Continue reading Liszt & Magnard : les oubliés d’Ansermet

Wagner : la curiosité Ansermet

1963 : Ansermet fête ses 80 ans. Il explore des répertoires dans lesquels, par bêtise sans doute, il était impensable de l’imaginer au disque. Ainsi des sessions consacrées à Wagner (novembre), Brahms (du 5 au 28 février pour les Symphonies, du 1er au 7 mars pour les deux Ouvertures et les Variations sur un thème de Haydn), Sibelius (Tapiola, Deuxième et Quatrième Symphonies, entre septembre et octobre), ou encore Respighi (Les Pins de Rome et Les Fontaines de Rome, du 18 au 26 janvier). Continue reading Wagner : la curiosité Ansermet

Rimski-Korsakov – Ansermet : un orchestre aux saveurs crues

Ce double album contient des gravures célèbres d’Ansermet dans la musique de Nikolaï Rimski-Korsakov. De la suite symphonique Antar, véritable chef-d’œuvre du compositeur russe, le chef suisse donne une interprétation intense et dramatique, étonnamment noire et tragique – écoutez les cuivres. Ce furent en réalité les premières sessions stéréophoniques de la compagnie anglaise. L’idée en revient au responsable des opérations techniques des studios de West Hampstead, Arthur Haddy, qui souhaitait enregistrer les prochaines sessions de la Suisse Romande au moyen d’un nouveau système de captation du son. Il convia l’ingénieur Roy Wallace, réputé pour sa compréhension de ces toute récentes techniques, à se rendre en Suisse pour la direction opérationnelle des séances d’enregistrement. Quelques semaines plus tard, Ansermet, écoutant les prises d’Antar (le 13 mai 1954), fut enchanté du résultat final : « C’est magnifique, remarquable, comme si j’étais resté tranquillement à mon bureau ! », dit-il, et en dix ans, les stéréophonies de Decca atteindront un niveau encore aujourd’hui insurpassé. Continue reading Rimski-Korsakov – Ansermet : un orchestre aux saveurs crues