L’imaginaire Koechlin

La Seven Stars’ Symphony aura longtemps été la seule œuvre d’orchestre un peu courue dans le vaste catalogue de Charles Koechlin, avant que les foisonnements du Livre de la Jungle ne la surclasse : le disque en fut curieux comme d’une improbable musique de film, Alexandre Myrat à Monte-Carlo, puis James Judd cherchant des portraits là où Koechlin ne rêvait qu’échappées belles.

Cette dimension onirique, absente des deux versions précédentes, Ariane Matiakh la saisit dès l’Orient opiacé du Voleur de Bagdad, non plus Douglas Fairbanks en pied, mais une évocation à la Loti où la cheffe se régale des harmonies profondes et mystérieuses, dans les étoffes que lui offrent les Bâlois autant inspirés par l’œuvre que par sa direction.

La prise de son, avec sa balance idéale portée aussi par l’acoustique de la Salle du Casino, s’accorde à cette lecture profuse, où le génie d’orchestrateur de Koechlin rayonne, et cette fois l’Onde Martenot, qui célèbre par ses étrangetés le regard envoûtant de Greta Garbo, murmure comme il faut sa mélodie serpentine.

Complément idéal, Vers la voûte étoilée, ce grand nocturne panthéiste où Koechlin parvient à une forme de transcendance, est paré par la direction mystérieuse d’Ariane Matiakh d’une poésie supplémentaire qu’Heinz Holliger, plus analytique, ne trouvait qu’en partie.

LE DISQUE DU JOUR

Charles Koechlin (1867-1950)
The Seven Stars’ Symphony, Op. 132
Vers la voûte étoilée, Op. 129

Sinfonieorchester Basel
Ariane Matiakh, direction

Un album du label Capriccio C5449
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Photo à la une : la cheffe d’orchestre Ariane Matiakh – Photo : © DR