La virtuosité serait-elle une vertu ? Sur une incertaine reptation étymologique, Michel Dalberto assemble un programme où le disparate le dispute parfois à l’inconfort : sa Continuer la lecture de Vertu ?
Archives par mot-clé : Sergei Rachmaninoff
Archet ou baguette ?
Walter Weller eut deux vies, la première comme primarius du Quatuor portant son nom, coda d’une tradition viennoise qu’il revivifia et qui s’illustra par une discographie demeurée immaculée. Continuer la lecture de Archet ou baguette ?
Révélation
Concours Van Cliburn édition 2022, le miracle Yunchan Lim paraît, gagnant à sa cause le jury et le public. Comment ne pas applaudir devant ce Troisième Concerto de Rachmaninoff mené de main de maître, où la virtuosité est invisible, se devine simplement par ces raptus fulgurants qui fouettent un Finale épique dont Marin Alsop et l’orchestre local savourent les foucades.
Impossible de prendre le jeune homme en faute : sans une once de sentimentalité le second thème de l’Allegro ma non troppo, sans esbrouffe la cadence, l’Intermezzo tenu (mais sans fantaisie dans l’échappée belle où la sonorité magique de Jorge Bolet inventait soudain d’autres paysages), simplement une certaine uniformité du jeu et des intentions, une ligne un peu trop droite toujours, qui pourtant ne laissent pas deviner la moindre once de stress.
Miracle ? Je dois bien l’avouer : ses Transcendantes de Liszt, tant fêtées, ses Etudes de Chopin m’avaient laissé au bord du chemin, sonorité crispée, geste drastique, un virtuose oui, mais un poète ? L’écho du concours le montre autrement musicien, probablement sans le souci du disque, de récentes Goldberg à Paris en auront bluffé plus d’un, et si Decca le préférait désormais dans les risques du concert plutôt que dans la sécurité du studio ?
LE DISQUE DU JOUR
Sergei Rachmaninoff
(1873-1943)
Concerto pour piano et orchestre No. 3 en ré mineur, Op. 30
Yunchan Lim, piano
Fort Worth Symphony Orchestra
Marin Alsop, direction
Un album du label Decca Classics 4871023
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Photo à la une : le pianiste Yunchan Lim – Photo : © Decca Records
Feux d’artifices et songes
Le diptyque de Fritz Kreisler amoureusement rapté pour son piano par Sergei Rachmaninoff le proclame d’emblée : Joseph Moog dédie son nouvel opus au temps (révolu ?) des pétrisseurs d’ivoire Continuer la lecture de Feux d’artifices et songes
Visions
Edward Gardner entend Rachmaninoff comme un Moderne, présupposé guère étonnant pour un chef qui s’est dévolu d’abord à quelques compositeurs novateurs, Janáček, Szymanowski, Lutosławski, qui auront marqué sa discographie sous étiquette Chandos. Continuer la lecture de Visions