Grandes Partitas

Robert Levin aura repensé Bach au piano. Cette audace fait son miel de la seule musique, littéralement les notes s’incarnent dans un discours polyphonique qui déploie les architectures d’un cahier, où l’art cache l’art.

Le clavier absolu auquel Bach songeait, qu’il fut à l’orgue ou au clavecin, se serait-il réalisé en ce Steinway moderne que Robert Levin sculpte aujourd’hui avec cette ardeur et cette précision dans les ornements et les conduites qui ne laissent aucune ombre assourdir la majesté d’un discours plus d’une fois stupéfiant ?

La complexité de ces musiques, leur abondance, leur ardeur rhétorique, les enlacements des danses et la majesté des Toccata, Prélude ou Fantaisia, tout paraît ici dans une clarté sans sévérité alors même que Robert Levin ne cherche jamais les charmes : il est fasciné par le texte et nous en fascine, car sa connaissance intime du clavier de Bach est parvenue à une ultime décantation produite par l’usage des diverses sources : c’est comme si les secrets de cette langue étaient enfin évidents.

Commencez par la Sixième Partita, la plus complexe : elle n’aura jamais résonné sur un piano avec un tel degré de simplicité, une logique impérieuse guide l’interprète, comme si Bach était penché au-dessus de son épaule. Et maintenant qu’il sait si bien éclairer cette grammaire, il nous doit les Goldberg !

Un conseil : avant l’audition des disques, lisez le passionnant entretien imprimé dans le livret.

LE DISQUE DU JOUR

Johann Sebastian Bach (1685-1750)
6 Partitas, BWV 825-830

Robert Levin, piano

Un album du label Le Palais des Dégustateurs PDD017
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Photo à la une : les deux pianistes Robert Levin (à gauche) et Dominique Merlet (à droite) – Photo : © Le Palais des dégustateurs