Martyr romain

Saint-Ambroise aurait-il rêvé une martyre plus douce ? Lisette Oropesa, une Traviata, avait tout pour échouer dans le portrait vocal de la vierge promise à la prostitution, mais la concentration de son chant, la pureté de ses couleurs, l’élégance jusque dans l’acceptation de la mort, sont d’une artiste qui sait s’approprier toutes les âmes et tous les styles. Magnifique simplement, dans un emploi que je croyais à jamais la propriété d’Heather Harper.

Pourtant, comment ne pas avouer qu’elle se fait voler la vedette par l’Irene de Joyce DiDonato ? Ecoutez les deux airs qui ouvrent la troisième partie, tous les états d’âme de la compassion à la fureur en passant par l’acceptation paraissent dans le mezzo ambré de l’Américaine. Magique, comme le recueillement perpétuel de la direction si sentie de Maxim Emelyanychev qui sait aussi porter l’ardeur du Didymus de Paul-Antoine Bénos-Djian, et épouser les pyrotechnies du Septimius de Michael Spyres.

Si vous voulez découvrir ce chef-d’œuvre d’émotion, Theodora est ici.

LE DISQUE DU JOUR

Georg Friedrich Haendel (1685-1759)
Theodora, HWV 68

John Chest, baryton (Valens)
Paul-Antoine Bénos-Djian, contre-ténor (Didymus)
Michael Spyres, ténor (Septimius)
Lisette Oropesa, soprano (Theodora)
Joyce DiDonato, mezzo-soprano (Irene)
Massimo Lombardi, ténor (Un messager)

Chœur & Orchestre il pomo d’oro
Maxim Emelyanychev, direction

Un coffret de 3 CD du label Erato 5054197177910
Acheter l’album ou sur Amazon.fr – Télécharger ou écouter l’album en haute-définition sur Qobuz.com

Photo à la une : le claviériste et chef d’orchestre Maxim Emelyanychev – Photo : © Chris McAndrew