Tag Archives: Claude Debussy

Irma

Il y a parfois des miracles. Je me souviens encore d’Irma Kolassi un jour où je travaillais avec elle L’Invitation au voyage dans son studio du Boulevard Pereire. Avant « Les soleils mouillés », elle s’interrompt au piano – car elle était également une pianiste émérite Continue reading Irma

Pelléas

Tout le chant de Jacques Jansen et l’âge d’or de sa voix aura été capturé dans le fameux Pelléas et Mélisande que Désormière et son équipe ont gravé en pleine Occupation. Passé la guerre Continue reading Pelléas

L’élégance

Songeant à André Cluytens toujours me revient en mémoire ce film où il dirige la Deuxième Suite de Daphnis et Chloé, grande stature, regard clair, sourire, ce bras qui caresse les cordes, cet œil qui suscite la flûte, ce maintien altier mais souple Continue reading L’élégance

Paradis

En 1994, John Adams réunit et para de son orchestre quatre poèmes de Charles Baudelaire que Debussy mit en musique : Le Balcon, Harmonies du soir, Le Jet d’eau, Recueillement, intitulant ce recueil à quatre mains Le Livre de Baudelaire.

Merveille qui montre une intimité musicale confondante entre les univers des deux compositeurs, Adams fondant son orchestre dans celui de Pelléas et Mélisande qu’il évoque sans cesse, paradis absolu de la première modernité. Cela nous vaut un cycle majeur, trop rarement donné, dont Christiane Karg distille les étranges poésies avec son français très poétique (bien qu’imparfait) et de sa voix de parfum, merveille dont je ne peux quitter l’écoute : son timbre se mire dans l’orchestre profond et secret distillé par David Afkham.

Ils mettent en regard l’opus de Debussy/Adams avec les Quatre chansons françaises écrites d’un jet par le jeune Benjamin Britten (seize ans !) en juin 1928, songe de printemps où il caresse avec des voluptés là aussi toutes debussystes les vers de Hugo et de Verlaine.

Même si Elisabeth Söderström puis Dame Felicity Lott en avait offert de magnifiques lectures, Christiane Karg va plus loin dans les poèmes, allusive, subtile, sensuelle. Épiphanie de Koechlin, rareté, ajoute à la mélancolie du disque, alors que les trois Duparc montrent à quel chant glorieux, tenu, évocateur mais altier, Christiane Karg parvient aujourd’hui.

Seule réserve, sa Shéhérazade qui ouvre le disque n’a pas assez d’élan et de volupté, pas assez aussi de sens du récit, ce qui est étrangement plus une affaire de timbre que de mots, souvent parfaits.

Mais ce premier opus français d’une des plus belles sopranos de sa génération doit en appeler d’autres : les Poèmes hindous de Delage, les Mallarmé de Ravel, la Lyrique Japonaise de Stravinski et quelques autres recueils de la même eau, l’espèrent.

LE DISQUE DU JOUR

Parfum

Maurice Ravel (1875-1937)
Shéhérazade, M. 41
John Adams (né en 1947)
Le Livre de Baudelaire,
4 mélodies choisies et orchestrées de Claude Debussy (extraites du cycle « 5 Poèmes de Baudelaire, L. 64 » : I. Le Balcon,
II. Harmonie du soir, III. Le jet d’eau,
IV. Recueillement)

Benjamin Britten (1913-1976)
Quatre chansons françaises
Charles Koechlin (1867-1950)
Épiphanie, Op. 17 No. 3
Henri Duparc (1848-1933)
L’invitation au voyage
La vie antérieure
Phidylé

Christiane Karg, soprano
Bamberger Symphoniker
David Afkham, direction

Un album du label Berlin Classics 0300832BC
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Photo à la une : © Gisela Schenker (Christiane Karg website)