Tag Archives: Antonio Vivaldi

Tutti clavecin

Bach lui-même transcrivit pour ses claviers quelques concertos du Prêtre Roux : la science s’émerveillant devant la fantaisie, et cela lui inspirera même l’épure du Concerto Italien. L’agilité du clavecin, son clavier solaire, la rapidité de la dissolution de ses notes entraînant une sorte de vertige de la suractivité, répondaient parfaitement à l’écriture fusante du Vénitien, mieux, elle offrait un miroir à son giocoso.

Alors après Bach, pourquoi ne pas continuer ?

Gwennaëlle Alibert et Clément Geoffroy l’ont osé, transcrivant avec virtuosité et poésie sept Concertos et deux Sonates en trio pour leurs deux clavecins où s’imagent des flûtes, des hautbois, des violons et même parfois le grand souffle harmonique de l’orgue.

C’est brillant au possible, ivre de mouvement, entêtant à force de danses, prodigieusement joué et montrant tous les caractères des originaux en les magnifiant dans le jeu serré de leurs vingt doigts, faisant au total un disque solaire, inimitable, qui ne me quitte plus, surprise magique d’un automne doré. Courez-y !

LE DISQUE DU JOUR

Antonio Vivaldi (1678-1741)
Concerto pour 2 violons, cordes et basse continue en sol mineur, RV 517
Concerto en fa majeur, RV 99
Concerto en sol mineur, RV 107
Concerto pour violon, orgue et cordes en ut majeur, RV 766
Concerto pour violon, orgue et cordes en ut majeur, RV 808
Concerto pour flûte, violon, basson et basse continue en ré mineur, RV 96
Concerto pour cordes en mi mineur, RV 134
Sonate No. 2 en mi mineur, RV 67
Sonate No. 6 en ré majeur, RV 62

Gwennaëlle Alibert, clavecin
Clément Geoffroy, clavecin

Un album du label L’Encelade ECL1602
Acheter l’album sur le site du label L’Encelade, sur le site www.ledisquaire.com, ou sur Amazon.fr – Télécharger ou écouter l’album en haute-définition sur Qobuz.com

Photo à la une : © DR

Musique de l’œil

La musique se voit dans la peinture vénitienne, mieux, elle se montre, de la trompette de la Gloire de Giuseppe Angeli au « concertino » qui accompagne les joueurs de cartes de Pietro Longhi nommant d’ailleurs son tableau. Instruments pour les scènes mythologiques ou les « moralités », fresques où Continue reading Musique de l’œil

Du malheur d’être virtuose

Après tant d’albums pyrotechniques où Philippe Jaroussky ne faisait qu’une bouchée des répertoires de Porpora, Farinelli ou Carestini, le voici rendu enfin à la musique. Et confronté à une partition où on l’espérait depuis des années, qu’il avait par deux fois éludée. Un programme tout entier dédié aux Stabat Mater italiens Continue reading Du malheur d’être virtuose