Tag Archives: Albert Roussel

Mystères et bacchanale

Les voyages au long cours que le jeune ménage Roussel fit en Extrême-Orient inspirèrent à Albert ces Évocations où des années avant Padmâvatî, il célébrait les mystères de l’Inde. Écrites au tournant des années 1910, leur langage étonne par leur modernisme qui doit beaucoup à la révolution debussyste Continue reading Mystères et bacchanale

Voyage vers la jeunesse

Fascinante série : Ian Hobson en est au troisième volume de ses découvertes archéologiques dans le catalogue du jeune Martinů. Plus rien de tchèque ici, mais la musique d’un jeune homme qui se laisse bercer dans des fantasmes d’antiquité méditerranéenne, satyres, cyprès, nocturne marin Continue reading Voyage vers la jeunesse

Lumière et ténèbres

19421954, les Symphonies de Martinů auront connu deux guerres – la conquête nazie et la guerre froide – elles furent toutes des œuvres d’exil paradoxalement heureuses d’abord Continue reading Lumière et ténèbres

Concert du Nord

Disque improbable, du moins il semblerait à première vue, mais il suffit de quelques minutes, de ce début de la Symphonie espagnole où flamboie le violon si stylé de Svetlin Roussev, où se cambre un orchestre ardent emmené avec quasiment de la morgue par Jean-Jacques Kantorow pour comprendre qu’on tient une perle. Et comment cela est enregistré !

Pour la Symphonie espagnole, dont Svetlin Roussev joue l’édition en cinq mouvements, c’est simplement une des plus éloquentes versions que j’ai entendues depuis la légendaire gravure d’Henryk Szeryng à Chicago avec Walter Hendl. Le jeu sombre du soliste s’y équilibre avec la fantaisie d’un orchestre tonnant et mobile, et lorsque l’archet devient funambule dans le Scherzando, quelle ivresse, quel charme fou. Vraiment qu’un tel violoniste ne soit pas plus fêté, et surtout plus enregistré, m’étonnera toujours.

Le disque se poursuit chez un autre enfant du Nord, Albert Roussel, avec une lecture coruscante du génial Concert pour petit orchestreKantorow et ses musiciens font aussi bien que jadis faisait Pierre Dervaux dans un de ses disques les plus méconnus (avec Colonne, une mémorable Deuxième Symphonie complétait le programme), mais c’est à la fin de l’album que paraît une perle noire : la meilleure version jamais gravée du Concerto pour piano, emmené de main de maître par Alain Raës qui enregistra jadis pour Solstice une intégrale de l’œuvre pour clavier du compositeur du Festin de l’araignée, dont j’espère tant la réédition.

LE DISQUE DU JOUR

Édouard Lalo (1823-1892)
Symphonie espagnole en ré mineur, Op. 21
Albert Roussel (1869-1937)
Concert pour petit orchestre, Op. 34
Concerto pour piano, Op. 36

Svetlin Roussev, violon
Alain Raës, piano
Orchestre de Douai-Région Hauts-de-France
Jean-Jacques Kantorow, direction

Un album du label Arcantus ARC16006
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Photo à la une : © DR