De l’ancien dans du neuf

Cette lenteur qui cherche à faire rayonner l’harmonie, cette concentration du son renforcé par l’acoustique immense du vaisseau de la Cathédrale de Saint FlorianBruckner repose, ce ton sombre, non ce ne sont ni Sergiu Celibidache ni Wilhelm Furtwängler qui dirigent ainsi la Huitième Symphonie de Bruckner, mais … Rémy Ballot.

Paradoxe, après que Jochum, Wand, Skrowaczewski aient rendu leur Bruckner alerte, lumineux, élancé, voici qu’un chef français qui lorgne sur ses quarante ans le remet dans le son sans attaque(s), le son d’orgue que lui avait inventé Celibidache. Mais sans la magie du chef roumain, même si souvent la beauté des phrasés – parfois un rien narcissiques – les idées d’articulation, le tempo sépulcral lui font allégeance. Trop dans le Scherzo qui se perd en route, presque trop dans l’Adagio étiré aux confins du possible (33’37” !!!!!!!!!!!!!) mais qui – du moins – sonne hanté par une vision mortuaire. Le Finale ne s’emporte pas plus (32’51”), vaste paysage dont les moments lyriques sont splendides, quasi trop, et perdent la tension.

Et lorsque vous saurez l’orchestre composé de jeunes musiciens, cette lecture hors du temps vous surprendra plus encore. Je suivrais l’entreprise, en espérant que les prochaines incursions bruckneriennes du chef et de son orchestre oseront abandonner cette lenteur qui lisse trop le discours.

LE DISQUE DU JOUR

cover bruckner 8 ballot gramola
Anton Bruckner
(1824-1896)
Symphonie No. 8 en ut mineur, WAB108

Oberösterreichisches
Jugendsinfonieorchester

Rémy Ballot, direction

Un album de 2 CD du label Gramola 99054
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Photo à la une : © DR