Inferno

La Symphonie pour “Faust” aura trop longtemps dissimulé ce qui est le vrai chef-d’œuvre d’orchestre de Liszt : l’Inferno de sa Symphonie inspirée par La Divine Comédie du Dante. Le brasier qu’il y ose est un coup d’éclat qui annonce l’orchestre du XXe siècle, c’est le Liszt visionnaire qui parait dans toute son audace.

Kirill Karabits a bien compris cela, qui creuse les timbres de sa Staatskapelle Weimar pour mieux exposer les roideurs des attaques, la folie des embrasements, l’âpreté des pupîtres qui s’écharpent les uns les autres : personne ne les avait rendues à ce point d’incandescence depuis l’ancienne gravure de György Lehel pour Hungaroton.

Mais la part angélique de l’œuvre y est aussi, lorsque paraît le magnificat avec les voix des séraphins, et les introspections du Dante, clarinette basse interrogative, ses dialogues avec les rondes obsessives des violons, résonnent, étreignantes et mystérieuses questions sans réponses.

Magnifique album, qui prend à la gorge aussi les escarpements de Tasso et révèle le rare Hommage à Schiller, musique d’apparat grandiose où passe le souvenir de Berlioz.

LE DISQUE DU JOUR

Franz Liszt (1811-1886)
Künstlerfestzug zur Schillerfeier, S. 114
Tasso. Lamento e Trionfo, S. 96 (Poème symphonique No. 2)
Symphonie pour la “Divina Commedia” du Dante, S. 109
Vor hundert Jahren, S. 347

Staatskapelle Weimar
Kirill Karabits, direction

Un album du label Audite 97.760
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Photo à la une : le chef d’orchestre Kirill Karabits – Photo : © DR