Caprices et rêveries

Son cycle Mozart achevé, Kristian Bezuidenhout rend une visite à Haydn dont on espère les mêmes prolongements, car dès l’entre-deux de l’Allegro moderato de la Sonate en ut mineur, tout est dit : la fantaisie jusqu’à l’étrange, le sens des notes qui se disent à demi, les ponctuations plus suggérées qu’assénées, tout un vocabulaire subtil qui est celui du sentiment plutôt que l’humeur.

Et quel phrasé, quelle conduite articulée, quelle précision dans la diction du clavier tout au long de l’Andante : affaire de pianiste, certainement, mais d’instrument aussi : le Paul McNulty d’après Walter & Sohn (1805) si goûté par Viviana Sofronitzky, est vraiment une merveille dont le jeu élégant et précis de Kristian Bezuidenhout épouse chaque subtilité.

C’est Haydn qui en sort grandi, à force de tendresse et de fantaisie, jusque dans le choix des arpèges et des ornements qui se varient selon les œuvres pour le sentiment comme pour le langage : la Partita en sol, œuvre de jeunesse, éclate d’une vitalité impertinente.

Les deux merveilles sont gardées pour la fin, les deux mouvements si contrastés de la Sonate en ut sont saisissants sous les doigts du jeune homme, avec leur caractère d’improvisation capricieuse, et les Variations en fa mineur regardent vers le Sturm und Drang derrière leurs charmes. Magique. Vite, la suite.

LE DISQUE DU JOUR

Franz Joseph Haydn (1732-1809)
Sonate en ut mineur, Hob. XVI:20
Variations en sol majeur sur le thème « Gott erhalte Franz, den Kaiser », Hob. I:430
Partita (Divertimento) en sol majeur, Hob. XVI:6
Sonate en ut majeur, Hob. XVI:48
Variations en fa mineur, Hob.XVII:6

Kristian Bezuidenhout, pianoforte

Un album du label harmonia mundi HMM902273
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Photo à la une : le pianofortiste Kristian Bezuidenhout – Photo : © Marco Borggreve

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