Extraordinaires Sibelius & Rachmaninov d’Ansermet (1963, 1954)

A ne pas mettre entre les mains des cœurs fragiles. Depuis nos précédents articles, notre enthousiasme vis-à-vis de la stupéfiante Quatrième de Sibelius d’Ansermet et de l’orchestre genevois en 1963 ne s’atténue pas. Les interrogations fusent : comment peut-on donner une vision aussi rauque et noire avec un orchestre si naturellement lumineux et ensoleillé ? Ecoutez les Brahms des mêmes sessions et le début de Sibelius !, … le monde a basculé. Comment Ansermet arrive-t-il à suggérer cette impression de malaise psychologique croissant ? Le tempo très modéré du dernier mouvement n’en est pas la seule explication. Le travail du chef sur les couleurs, les textures et les oppositions orchestrales est prodigieux de bout en bout, tel ce premier accord qui installe d’emblée un climat d’incertitude harmonique inoubliable – l’oreille y perçoit méticuleusement tous les instruments employés (ah, les bassons français!).

Continuer la lecture de Extraordinaires Sibelius & Rachmaninov d’Ansermet (1963, 1954)

Une Troisième de Mahler si vivante, par Martinon

Il ne faut jamais se fier au répertoire enregistré d’un artiste. Au XXe siècle, rares sont les chefs d’orchestre qui ont enregistré des oeuvres selon leurs volontés. Karajan, Ansermet sans doute. Ces deux artistes des années 50 à 80, faisaient à peu près ce qu’ils voulaient. Le public les suivait. A eux deux, ils ont vendu un nombre impressionnant de microsillons. Continuer la lecture de Une Troisième de Mahler si vivante, par Martinon

Paavo Järvi à Paris : commencement prometteur

Septembre 2010. Paavo Järvi fit son entrée. Nouvel orchestre, nouvelle renaissance pour le chef et les musiciens parisiens. La programmation durant cette nouvelle saison témoigne d’un souci de diversité bienvenue dans les répertoires, qui manquait sensiblement jusqu’à présent. La preuve en ce mercredi soir, qui présente La Péri (1912) de Paul Dukas et Kullervo (1891) de Sibelius. Une rentrée fort attendue ! Continuer la lecture de Paavo Järvi à Paris : commencement prometteur

Yuja Wang, un Prokofiev virtuose, brillant

« Der Himmel lacht, die Erde jubilieret »
(J. S. Bach, chœur d’ouverture de la Cantate BWV 31)

Voilà ce que m’évoque le jeu et l’univers poétique de la prodigieuse Yuja Wang. Depuis la découverte de cette jeune sino-américaine au printemps dernier, je traque ses vidéos sur Youtube. La venue sur la scène musicale de cette artiste ardente et enjouée ravit.

Une virtuosité phénoménale, incomparable, soudée par une main gauche très puissante, alliée à de belles qualités poétiques et des intuitions architecturales. Continuer la lecture de Yuja Wang, un Prokofiev virtuose, brillant

Vilde Frang, un Sibelius de glace

Vilde Frang est une jeune violoniste d’origine norvégienne, qui vient tout juste de signer un album chez EMI Classics, dédié aux Concertos de Sibelius et Prokofiev (Premier), avec Thomas Søndergård à la tête du WDR-Sinfonieorchester Köln.

Toute nouvelle version du grand chef-d’œuvre concertant de Sibelius ne saurait m’échapper – et oui, l’auteur de ces lignes est vissé à l’univers sibélien, sans pouvoir s’en démordre. Continuer la lecture de Vilde Frang, un Sibelius de glace