In Paradisum

J’étais ressorti de la production d’Olivier Py en état d’apesanteur, un peu comme les Carmélites non plus décollées mais simplement aspirées au Paradis. La captation vidéo un rien plate signée François-René Martin rend compte de la mise en scène mais ne la transfigure pas en film – contrairement au réalisateur qui a capté à Angers la mise en scène de Mireille Delunsch, à voir absolument sur Culturebox – premier écueil.

Second écueil, la distribution. Si Patricia Petibon incarne avec talent l’hystérie dont Olivier Py a affublé Blanche, son chant est souvent rédhibitoire : ses aigus blancs et poussés un cauchemar, surtout pour ceux qui auront gardé le souvenir d’Anna-Catherine Gillet à Angers ou d’Hélène Guilmette à Lyon dans la régie de Christophe Honoré. Impossible également, inaudible Madame de Croissy selon Rosalind Plowright même si elle crève l’écran durant son agonie verticale. Et Topi Lehtipuu, capté dans un de ses mauvais jours, engorgé, n’arrive pas à la cheville du pur beau chant et de l’incarnation fiévreuse que délivrait Stanislas de Babeyrac à Nantes.

On regrette la froideur relative de la Constance de Sandrine Piau, peu en voix, d’autant qu’à la première elle avait été brillamment remplacée par Anne-Catherine Gillet, qui repren